“De Blade Runner à Alphaville, d’Abyss au Testament d’Orphée, de la destruction d’un immeuble
à son exploration par plusieurs personnages, le film Tripode nous transporte dans les méandres
d’une architecture spectrale aux allures futuristes, fantasmées, réelles ou paranoïaques.
En coupant, collant et remixant des extraits de films et des séquences tournées à Paris et à Nantes,
Benjamin Rivière explore le langage cinématographique (et plus particulièrement le vocabulaire propre au montage)
mais aussi la culture contemporaine à travers l’utilisation de références à la science fiction.
Moments de transition ou de ressorts narratifs, les séquences prélevées représentent des non-lieux
dans lesquels nous ne sommes plus que de passage, véhiculés d’un plan à un autre par l’intermédiaire
d’associations visuelles. Tripode est un film en multidimensions d’où s’échappent des lignes de fuite
affectant simultanément nos représentations de l’espace et notre rapport à la réalité.
Et ce sont ces mêmes obsessions pour l’architecture et le cinéma que l’on retrouve
dans l’ensemble de ses œuvres.

Comme dans la performance filmée Figuration qui découle de l’analogie entre le lieu immortalisé
par les Frères Lumières dans la Sortie des Usines et les 994 m2 investis par les Instants Chavirés
à Montreuil pour laquelle l’artiste a invité à rejouer ce plan emblématique en 2006.

C’est d’ailleurs cette façon de s’accrocher à des éléments visuels, repérés ou rencontrés au hasard,
de les prélever et de les assembler qui fait la particularité du travail de Benjamin Rivière
et de son acuité à créer des œuvres comme autant d’amorces de nouveaux scénarios.”

Elodie Royer, exposition «Le Spectre Des Armatures»,
Glassbox, Paris, 2006



“Travailler dans l’espace public est souvent périlleux pour un artiste. Les contraintes sont nombreuses.
La première attitude qui a guidé Benjamin Rivière dans ses choix finaux a été défensive. Éviter de tomber
dans le piège de la sculpture érigée, signalisée et gardée. Il s’est alors intéressé aux gardiens comme
figures de l’espace public. L’idée d’un tee-shirt s’impose alors. C’est en effet un objet standard, un multiple,
unisexe, neutre, un vêtement emblématique. Il fait sérigrafier la mention “Waiting for”. Les gardiens sont
constamment dans l’attente d’un événement négatif. Brutalement ce clin d’oeil qu’ils offrent au public
qui souvent ne les voit pas se teinte d’humanité. D’une frustration, nous passons à une note poétique.
L’artiste, c’est aussi celui qui éprouve sa capacité à s’immiscer : pari tenu.”

Pierre Giquel, revue 303, n°78, Projet «Recycling The Future»,
Biennale de Venise, 2003



“Ici, Benjamin Rivière explore les motifs que le paysage urbain peut offrir, segmentant le réel,
telle architecture ou mobilier comme les panneaux publicitaires à lamelles tri-vision.
Proche d’une certaine abstraction géométrique, surgissent un ensemble de tableaux animés
de la lumière naturelle de la ville. S’approprier les signes que nous offrent les jungles urbaines
n’est pas sans rappeler un geste fondamental de l’artiste du XXe siècle : prélever, c’est orchestrer.”

Pierre Giquel, revue 303, n°77, exposition «Unza Unza Time»,
Zoo Galerie, Nantes, 2003





(translation in progress)